Communiqué de nos camarades de l’Isère :
Grenoble le 10 février 2025,
Nous avons rencontré le directeur médical du SAMU le 6 février. Nous sommes d’accord sur un point : la capacité d’hospitalisation conventionnelle (HC), un des deux piliers de notre système de soins, est la question de fond. Les personnes âgées, les personnes qui arrivent en bout de solution thérapeutique, les personnes si malades que le soin ne peut plus s’organiser dans leur cadre de vie, doivent pouvoir bénéficier d’une place en HC. C’est l’oncologie, la gériatrie, la médecine interne, la psychiatrie, la traumatologie…
Selon les médecins, réunis en groupes de travail ou en instances, le besoin pour la population est :
- 20 lits d’hospitalisation accessibles tous les jours à Voiron si le SAU continue à fonctionner dans l’état actuel (admission après 20 h les lundi et jeudi)
- 60 lits tous les jours aux urgences de Nord pour désengorger le Nouveau Plateau Technique.
Le nombre de personnes très âgées et malades augmente, c’est l’affaire de tous. Laisser s’encombrer le service d’accueil d’urgence par ce défaut d’aval organisé et entretenu revient à accepter un service de gériatrie en couloir qui détruit de fait l’accès aux soins pour tous. Les plus jeunes, ceux qui travaillent ont, eux aussi, le droit d’être soignés. C’est une rupture du contrat intergénérationnel qui est en train de se produire. L’accès aux soins pour tous est sacrifié, car nous sommes submergés de malades graves pour qui le système ne prévoit plus de place.
Nous devons ouvrir des lits pour ces patients, pour les extraire de ce mode d’admission et rester actifs pour ceux qui arrivent, sans quoi les retards diagnostiques et thérapeutiques se multiplieront, sans quoi les inadmissibles décès inopinés, tolérés silencieusement par les instances, se répéteront. L’augmentation de l’incidence des décès inexpliqués est désormais scientifiquement documentée*.
L’urgente nécessité, c’est d’ouvrir des lits à l’hôpital Nord et à Voiron. Tout le monde le sait, Madame la Directrice Générale le sait. Nous l’avons rencontré le 7 janvier, nous lui avons exposé la gravité de la situation et ses conséquences mortelles pour les patients. Des décisions pourraient être prises. Dans l’intervalle, il s’agit de protéger, sécuriser, renforcer les personnels qui tiennent encore la porte. Sur ce point aussi nous sommes d’accord avec le directeur du SAMU 38.
Dans l’immédiat nous demandons :
-l’embauche de médecins : 2 ETP pour sécuriser les JEUDI ET LUNDI et 8 ETP pour tenir 7 jours/7,
-l’embauche de 6 brancardier-e-s, 6 Aides Soignant-e-s et 6 IDE pour renforcer l’UHCD,
-l’embauche d’un équipage d’ambulancier-e-s dédié,
-l’ouverture en urgence de l’unité d’hospitalisation vacante au deuxième étage du NHV,
-l’ouverture en urgence de la septième salle de bloc opératoire à Voiron.
Pour le SNMH FO, Claire Arasomohano et Cyrille Venet.
* Littérature disponible sur demande
version pdf :
TRACT URG SNMH février