Le 24 mai 2023
Infirmière mortellement poignardée dans son service au CHU de Reims
Émotion à la connaissance de ce drame, indignation après les propos tenus par les responsables de l’exécutif, révolte sur la duplicité de leurs propos.
Le ministre François Braun informe la France entière ce mardi matin 23 mai que l’infirmière poignardée dans son service du CHU de Reims la veille est décédée dans la nuit. Toute la presse en parle, les responsables gouvernementaux font déclarations sur déclarations. La première ministre Elisabeth Borne a exprimé ‘’sa grande tristesse’’. L’assemblée nationale interrompt ses débats pour faire une minute de silence.
Le SNMH FO reprend totalement les déclarations de la fédération Santé Force ouvrière, qui réclame « des actes politiques forts, des moyens pour l’hôpital » après « cet acte monstrueux », dénonçant «la situation catastrophique de la prise en charge des malades mentaux dans nos établissements psychiatriques »
Sur le fond, cet homicide d’une infirmière sur son lieu de travail, s’inscrit comme le résultat de décennies de politiques de destruction de l’hôpital, de suppression de lits et de personnels, d’insuffisance de moyens techniques et d’appareils permettant aux médecins, aux soignants d’exercer comme le nécessite le soin des malades.
Certains voudraient faire croire qu’il ne s’agit que d’un nouveau cas de violence parmi beaucoup d’autres dans une ‘’société violente’’.
La violence c’est avant tout celle qui est exercée contre les soignants, les médecins, les patients qui ne peuvent se faire soigner selon les données de la connaissance quand les patients sont en attente de rendez-vous de consultation trop tardifs, de traitements nécessitant un suivi précis. La violence est exercée quand le ministre de la santé refuse de recevoir les délégations de soignants manifestant pour exiger les moyens qui leur sont retirés. Elle est exercée quand l’exécutif prend un décret qui refuse aux soignants suspendus sans solde lors de l’épidémie de Covid-19 de reconnaître leurs droits sociaux et de les menacer de suspensions à venir en cas de ‘’récidive’’. Ce qui a débouché sur plusieurs fermetures de dizaines de Centres Médico Psychologiques.
La violence c’est aussi les campagnes de presse orchestrées qui dénigrent les médecins présentés comme des nantis égocentriques.
Le SNMH FO dénonce l’indécence de certains propos prononcés par les responsables de l’exécutif à cette occasion.
« Je réunirai avant la fin de la semaine un comité avec toutes les parties prenantes, les syndicats, les professionnels » pour « voir ce que l’on peut faire pour garantir encore plus de sécurité pour les soignants », a pour sa part promis le ministre de la Santé, François Braun.
Le SNMH FO ne peut que redire: ce ne sont pas les mesures policières qui régleront le problème.
Dans cette épreuve très douloureuse, le SNMH FO est aux côtés des soignants, des personnels hospitaliers, des médecins, des patients qui exigent des moyens pour l’hôpital, et surtout l’arrêt de cette politique de destruction menée par l’exécutif. Les médecins et en particulier les psychiatres exigent le respect qui est dû à leur savoir et à leur travail.
Il faut des bras, des lits, les appareillages d’imagerie qui sont nécessaires aux traitements des malades. Assez des discours de morale, marqués par la duplicité.
Contact Dr Cyrille Venet Secrétaire général SNMH FO
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