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Médecins de hôpitaux : nouveaux textes du 5 février 2022

Posté par snmh-fo le 15 février 2022

De nombreux textes concernant les médecins hospitaliers sont parus au Journal Officiel du 6 Février 2022, parmi lesquels :

Décret 2022-132 du 5 Février 2022 : activités non cliniques des PH, entretien professionnel annuel, dispositif de non concurrence : 

https://www.legifrance.gouv.fr/download/file/QsPi44J2BiKdxWSq9iK5I578VJCUK5SlQpsZfgOBd04=/JOE_TEXTE <https://www.legifrance.gouv.fr/download/file/QsPi44J2BiKdxWSq9iK5I578VJCUK5SlQpsZfgOBd04=/JOE_TEXTE>

Décret 2022-134 du 5 Février 2022 : fusion statuts de PH temps plein et de PH temps partiel :

https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=QsPi44J2BiKdxWSq9iK5I9L3cq72ZRf8EFU1apye2e4= <https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=QsPi44J2BiKdxWSq9iK5I9L3cq72ZRf8EFU1apye2e4=>

Décret 2022-135 du 5 Février 2022 :  modifications statut de praticien contractuel :

https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=QsPi44J2BiKdxWSq9iK5I5iYQCaxiZkrV5CsQk9PRVk= <https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=QsPi44J2BiKdxWSq9iK5I5iYQCaxiZkrV5CsQk9PRVk=>

Arrêté du 5 Février 2022 :  nouveau barème d’indemnisation de la permanence et de la continuité des soins :

https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=QsPi44J2BiKdxWSq9iK5Izrtk4H4bZzj0Y7eWQaaRpc= <https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=QsPi44J2BiKdxWSq9iK5Izrtk4H4bZzj0Y7eWQaaRpc=>

Arrêté du 5 Février 2022 : modalités de publication des vacances de postes et profil de poste :

https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=QsPi44J2BiKdxWSq9iK5I3EvSu76wkc5KYAilwqhZo0= <https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=QsPi44J2BiKdxWSq9iK5I3EvSu76wkc5KYAilwqhZo0=> 

Publié dans Flash Infos | Commentaires fermés

A la confédération, Cyrille Venet s’exprime

Posté par snmh-fo le 9 février 2022

Conférence du 1er février 2022 de la fédération des personnels des services publics de santé FO -

Confédération FO – Paris

Intervention du Dr Cyrille Venet, secrétaire général du SNMH-FO

Je voudrais remercier les organisateurs, en particulier le bureau fédéral et Didier Birig de donner l’occasion au SNMH FO de s’exprimer. Je suis très honoré et très reconnaissant de pouvoir ainsi m’exprimer devant une telle salle, devant 350 ou 400 militants, implantés dans toute la France, avec l’expérience syndicale. Pour un médecin, pouvoir faire ça, c’est une occasion rare et extrêmement privilégiée, d’où l’intérêt de pouvoir faire fonctionner un syndicat national de médecins hospitaliers.

 

Moi aussi je vais faire une intervention en 5 parties. Mais avant, je voudrais citer un illustre confrère, le Professeur Alla, Professeur de santé publique à Bordeaux, qui a démissionné tout récemment du haut conseil de santé publique, en disant que les experts dans la dernière période, n’ont pas joué leur rôle qui consiste à élaborer de l’aide à la décision, même si cette aide à la décision n’est pas conforme à la volonté politique. Il est devenu extrêmement difficile pour un expert, dit-il, d’exprimer un point de vue qui soit contraire à des décisions politiques. La plupart des experts ont été amenés à assurer une sorte de service après-vente. Je pense que cette affirmation doit nous intéresser au plus haut point.

Je ne prétends pas en ce qui me concerne être un expert. J’ai un mandat de mes collègues, d’ailleurs je tiens à saluer mes confrères ici présent venus de Paris, Toulon, Tours, Grenoble, saint Etienne Rouen.

 

L’intitulé de mon intervention est « retour d’expérience sur la prise en charge des patients en réanimation ». En fait, je vais après une courte introduction, exposer quel a été l’intérêt de l’expérience du SNMH FO. Quelle place ça a pris dans cette période. Ce qui fait que nous, on est le seul syndicat de médecin hospitaliers affilé à une confédération. Et donc par là, on a une compréhension particulière des rapports entre la médecine et la sécurité sociale, et à l’intérieur des hôpitaux sur la question statutaire et les rapports entre tous les personnels hospitaliers qu’on défend. Ça nous donne une compréhension qui a joué son rôle dans la dernière période, je vais donner des exemples.

Il y a 2 autres choses qu’on savait aussi déjà mais qui se sont précisé pendant la crise : ça n’est pas une question de gouvernance, la revendication d’augmenter le budget est piégeuse.

Enfin j’irai sur la même ligne que le secrétaire confédéral, Yves, qui a dit la question des effectifs, des services, des lits. C’est le sens de la discussion.

Je ne vais absolument pas me poser en spécialiste. D’ailleurs, j’ai vu que le plus grand spécialiste le Professeur Delfraissy, qui a été aux premières loges tout le temps, a lui-même hésité sur ce à quoi on avait affaire, sur France info en disant « ce n’est pas un vaccin, c’est un médicament ». Le journaliste était tellement étonné qu’il dise ça, il a rajouté « oui je comprends les conséquence si je dis ça.. ». Donc les choses sont beaucoup plus compliquées que ce qu’on nous a raconté, je ne vais pas m’étendre sur ce sujet.

 

D’où je parle ? Je suis responsable d’un service de soins intensifs de 12 lits, on traite à peu près 1800 malades sur 2 ans. En 2020-2021, on n’en a traité que 1600. On a eu 296 malades sur ces 2 années soignés pour covid. On en a transféré 80 en réanimation, on a eu un taux de mortalité qui est à peu près dans la moyenne. J’ai été aussi en Mauritanie, avec l’OMS dans le cadre de la réponse covid. J’ai participé à toutes les cellules de crise ou presque du territoire, puisqu’on avait des déclinaisons locales du conseil de défense, avec tous les présidents de CME, tous les directeurs d’hôpitaux et de clinique de la région grenobloise dès le début de la crise. Je crois avoir une petite expérience sur le sujet, j’ai eu beaucoup d’informations.

On nous a dit avant le couvre-feu du 17 mars 2020, une semaine avant : « la Lombardie, c’est la catastrophe ! ». On nous décrivait une situation qu’on allait connaitre, l’apocalypse !! J’ai posé la question : quel est le pourcentage de risque que ça nous arrive ? Un des plus grands spécialistes a répondu 100 % de chance. Une autre infectiologue, plus raisonnable, a répondu 20 %. En fait dans la première période, on n’a pas eu cette situation de débordement. On a diminué l’activité. Et encore aujourd’hui, on reçoit tous les jours les chiffres des lits en réanimation. Comme on a arrêté un certain nombre d‘activités chirurgicales, je vous donne les chiffres en France : moins 25% de greffe, moins 25 % de chirurgie de cancer, 2 millions d’interventions déprogrammées, 900 000 qui ne sont toujours pas reprogrammées. Je n’ai pas les chiffres précis mais un grand nombre de cancers non diagnostiqués comme en atteste la ligue contre le cancer. On a différé des dizaines de milliers de patients qui vont avoir à en souffrir. Donc on a diminué notre activité. Il y a une étude aujourd’hui, publiée dans le Figaro, qui montre que seulement 3 % des moyens économisés en diminuant de 50 % l’activité chirurgicale ont servi à la réponse covid par ailleurs. Il n’est pas vrai de dire que déprogrammer nous a aidé à soigner les autres malades.

On a eu dès le début de la crise des directives pour ne pas transférer les malades, par exemple dans les EHPAD, il n’était pas question de les hospitaliser, il fallait les laisser mourir. Ça a été dit dans les réunions. Moi j’ai dit : si un collègue médecin en périf m’appelle pour prendre un patient, je le prends. C’est là que notre expérience syndicale a servi, car nous avons chevillé au corps les règles habituelles, les règles statutaires, les règles d’indépendance des médecins doivent prévaloir.

Donc dans cette période, on m’a dit, ça n’a pas vraiment été démontré, il y a eu au moins autant de morts par défaut de soins que de mort de ce virus de malheur. J’ai vu arriver des patients avec 192 de natrémie aux urgences, c’est dire au bas mot 48 heures sans boire. On a vu des tas de choses. On a vu la strumite. Y’a un radiologue qui a pris la parole pour dire « j’ai vu des strumites », j’aime bien ce truc parce que comme personne ne connait, on s’en rappelle. La strumite, c’est une maladie qu’on ne voyait plus, parce qu’on surveille les thyroïdes. Comme on n’a plus surveillé les patients, on a vu réapparaitre cette maladie moyenâgeuse. Je ne vais pas être trop long sur ces questions.

Il y a la question du rapport avec la sécurité sociale. La sécurité sociale, c’est ce qui finance les hôpitaux à 90 % et c’est ce qui donne droit aux soins. Et c’est ce qui nous permet de soigner tout le monde, quel que soit les revues, quel que soit son statut, il a droit au soins. Et là, on a enclenché des discussions en tant que SNMH FO, j’espère que tout le monde a pu lire nos communiqués.

…………………………………………………………… ;

La démonstration qui consiste à dire que le système est embolisé parce qu’il y a des imbéciles qui ne se vaccinent pas est extrêmement discutable. Et en plus, d’abord c’est faux, et en plus si on commence à rentrer là-dedans, on est complètement hors des clous. Parce qu’après, qu’est-ce qu’on va faire avec les patients qui fument alors qu’on leur a dit qu’il ne fallait pas fumer, qu’est ce qu’on va faire avec les patients qui boivent alors qu’on leur a dit qu’il ne fallait pas boire, et ceux qui font du ski avec une caméra sur la tête, prenant des risques invraisemblables ? Donc il n’est pas question de rentrer là-dedans. Il est d’autant moins question de rentrer là-dedans, que comme l’a dit le président du conseil de l’ordre de l’Isère dans ces fameuses réunions territoriales de crises, la catastrophe dans les hôpitaux, la déliquescence – nous on a parlé de chaos – préexiste. Ça n’est pas le covid qui nous a mis là-dedans. Il n’a même pas révélé. Nous, on avait fait toutes les manifestations, y compris la revendication 1 pour 1 dans les EHPAD, tout ça, on avait tout décrit avant que le covid n’arrive. Le covid n’a servi qu’à une chose, c’est permettre au gouvernement d’utiliser la covid. On a écrit un communiqué « le covid a bon dos ». C’est-à-dire ça a permis de focaliser tous les problèmes, tout était la faute du virus et dédouanait le gouvernement de ses responsabilités et de toutes les mesures qui avaient été prises. D’ailleurs j’ai beaucoup aimé l’intervention de Madeleine qui en rappelle certaines, qui nous ont conduit dans cette situation.

 

Le point numéro 3 sur la gouvernance : j’ai longtemps cru que si les directeurs d’hôpitaux nous écoutaient plus, nous associaient plus, ça pourrait aller mieux. En fait, je suis revenu de ça. On a effectivement beaucoup associé les médecins, même au début de la crise. Il y a eu pendant 15 jours même une reprise du pouvoir médical, « on va faire comme ça, on va mettre les lits de réa là, on va faire ceci, cela ». D’ailleurs, ça a eu une certaine efficacité, je ne le nie pas. Mais après, quand on est revenu dans des fonctionnements plus normaux, on a vu des tas de médecins prendre des positions, en position de directeurs. D’ailleurs je vais le citer car il l’a dit publiquement. Il y a un ancien président de CME d’un groupe hospitalier mutualiste de la région sud-est, qui a quitté son poste de président de CME et qui est devenu directeur adjoint de la clinique, et qui sans doute va devenir directeur. Je l’ai vu prendre des positions anti-statutaires, illégales, parce qu’il ne connait pas aussi bien le droit qu’un directeur qui a fait des études de directeurs. Je vous raconte cette anecdote car elle est édifiante. J’en suis au 4 eme chef de service des urgences au chu de Grenoble sur 2 ans. Le chef actuel des urgences du CHU dit « on est dans une situation catastrophique. Il y a 4 services d’urgences 2 privés, 2 publics sur le territoire, y’en a deux qui sont fermés la nuit, moi je récupère tout, j’ai 100 malades à minuit, on transmet 100 malades le matin à deux médecins, donc on fait semblant de faire de la médecine, tu ne peux pas transmettre 100 malades, et j’ai plein de collègues qui sont en arrêt maladie. Y’a un truc qui m’énerve vraiment, j’en vois certains sur les réseaux sociaux qui sont au ski au lieu d’être dans l’effectif. Je les ai vu au ski. » Et là, le collègue en question reprend la parole « si vous avez des dossiers compromettants, envoyez-les-moi, je vais les traiter. J’ai déjà déclenché des contrôles de sécurité sociale pour des collègues. Mais bon le problème du contrôle c’est que pendant l’arrêt de travail, les gars ils prennent 2 jours seulement d’arrêt et après ils sont en repos pour aller au ski donc la sécu. ne peut pas contrôler. ». Et donc il a fait tout un développement sur comment il allait lui-même réprimer les médecins qui prendraient la tangente à l’occasion compte tenu des conditions de travail, pour prevenir peut être le burn out.

Et donc j’ai un autre collègue médecin comme ça qui prend des positions de directeur et qui dit : « je ne comprends pas, on a dépensé 500 millions au CHU pour le nouveau plateau technique, on a dépensé 100 millions pour construire un hôpital tout neuf à Voiron, et ça ne fonctionne pas, les urgences sont fermées, le bloc ne fonctionne pas, je ne comprends pas. »

Mais les 500 millions, et les 100 millions en question, et là c’est mon quatrième point sur le budget, c’est de l’argent qui a été dépensé pour des investissement qui étaient nécessaires, mais on est pas du tout dans la discussion. Dans le même temps qu’on fait ça, on nous dit la secrétaire, on peut pas la titulariser, docteur vous n’y pensez pas, une infirmière de plus ? Les effectifs dans mon unité sont calculé à 17.4 IDE, elles ont 52 nuits par an. C’est calculé pour que ça fonctionne juste mais aucune ne peut faire une formation, aucune ne peut tomber malade, zéro, rien. Et le SICS, service de remplacement interne, est débordé par ailleurs. Je dis ça pour dire que ce n’est pas simplement parce que le ministre nous dit qu’il a jamais autant dépensé pour l’hôpital, ce qui est sans doute vrai, mais pour tout sauf pour du personnel.

Je me souviens de Didier Bernus à Reims, en 2015, nous expliquer à la tribune, en conclusion du congrès fédéral et ça paraissait énorme à l’époque : « moi maintenant, je dis qu’il faut un milliard et demi pour les hôpitaux. Il y a un milliard de déficit, si ça continue comme ça on va avoir 2 milliard de déficit. Au nom de ce déficit, on nous serre toutes les vis, on nous empêche de fonctionner, on nous conduit dans les bras de Madeleine (spécialiste de la prévention des risques psycho sociaux), on explose tous, donc je réclame un milliard et demi ». Et là, juste au mois de décembre, on a dépensé un milliard en tests aussi inutile que contre productifs. (l’argent n’est pas perdu pour tout le monde)

La directrice générale est venue me voir en début de crise, «  je ne comprends pas, ils ont dit de serrer les budgets parce qu’on avait déjà un milliard nationalement de déficit, et maintenant c’est open bar, c’est budget sécurisé, garantie de financement, sans T2A, il n’y a plus aucun problème, à coup de milliards et milliard », et donc c’est difficile de comprendre. Elle-même était un peu désarçonnée par cette nouvelle politique ou finalement, tout ce qu’elle avait raconté depuis des années en disant « mais vous n’y pensez pas docteur, on est serré par le budget » là ça ne devenait plus vrai. Un milliard et demi de tests juste au mois de décembre !!

Sur le budget aussi, il y en a qui ont gagné de l’argent : le directeur de la clinique privée de Valence a expliqué au président de CME « mais vous n’y pensez pas ! Ouvrir des salles en plus ? Pour opérer des carotides ? Vous n’y pensez pas ! » car ils ont gagné de l’argent en diminuant les dépenses avec des recettes garanties. Je termine sur le point 4 du budget : beaucoup plus d’argent que jamais. Car ils ont eu beaucoup moins de dépense en activité et ils ont eu la reconduite du financement. Donc le gars, il travaille pour un fond de pension australien, il estime que le chirurgien vasculaire, président de CME, non, non, il ne faut pas qu’il opère. Et il y a des malades qui en pâtissent.

Et donc oui : la question des budgets oui, mais pour faire quoi ? Je termine sur le point 4 du budget. A un moment donné, je pense qu’une des choses terribles, parce que dès le début de la crise, on a été plusieurs collègues, on a dit : « mais ils sont pas en train de combattre le virus ! ils ne sont pas en train de combattre le virus. » Ils prenaient des mesures qui n’étaient pas pour des problèmes de virus. On a réclamé ! Je suis en train de dire que les tests du mois de décembre ne servent à rien. Je peux expliquer pourquoi si on a le temps mais sinon je vous renvoie à l’intervention du Dr Kyrsziek sur Europe 1, il explique très bien. Nous on voulait des tests au début, et des masques. On en avait pas. On a pas dit qu’on voulait des tests n’importe comment. C’est pour comprendre ce qui se passe des tests, ce n’est pas pour dire ou faire n’importe quoi. Et il y a une décision qui a été prise par le gouvernement, le 30 mars 2020, de dire : ça sort du champ de la prescription. Un test biologique, il y a tout un système pré analytique, d’ailleurs vous avez vu, c’est déjà comment on fait le test. N’importe qui fait des tests à tout le monde, c’est de la folie ! Et il y a le post analytique. Un test fait n’importe comment dans n’importe quelle circonstance n’a aucune valeur. Ça nous renvoie à la question de la sécurité sociale. La sécurité sociale, c’est : s’il y a des gens malades, le médecin fait le diagnostic, utilise l’argent pour le diagnostic et le traitement. C’est le médecin qui définit si vous êtes malade ou pas malade. On a généré des trucs publicitaires : la confusion, les truismes, tous les trucs paradoxaux qu’ils ont utilisés, jusqu’à entendre notre ministre de tutelle, mon ministre préféré, qui dit « concernant les malades asymptomatiques… » C’est un nouveau concept ça. Et donc on a généré toute cette confusion.

En dernière instance, nous avons tous, qu’on soit malade ou qu’on soit personnel hospitalier, ouvrier à l’usine.., on a intérêt à avoir des médecins. Des médecins qui « médecinent » ; des médecins qui médecinent, c’est-à-dire un médecin qui a une indépendance de jugement, une indépendance de prescription. Et le statut même de médecins octroi cette indépendance, sans laquelle il n’y a pas de médecine, qu’elle soit hospitalière ou libérale d’ailleurs, possible. Et là, on nous a transformé ces derniers temps en officiers de santé. D’ailleurs on invente des nouveaux métiers, des sous médecins, la nouvelle réforme des études médicales, c’est une catastrophe de ce point de vue-là. Donc voilà. A quoi utilisons nous l’argent ?

Et donc, je conclurai mon intervention en disant qu’effectivement, la grande manif du mois de juin qui nous a permis de négocier les 183 euros, ce qui pour un certain nombre de personnels représente une augmentation considérable, en pourcentage en tous cas, effectivement en pourcentage c’est bien. Ces 183 euros, c’est ce qu’ils ont estimé au niveau du gouvernement de ce qu’ils ont eu comme trouille de nous, et du mouvement ouvrier organisé. Ce n’est pas à vous que je fais la leçon.

Et on a maintenant un énorme problème : d’effectifs, de services et de lits. On a dit les premiers, au doigt mouillé, au pif, actuellement il y a 30% des lits qui sont fermés. 30% des lits fermés totalement…Et ça en plus des 5800 lits !! On a été confirmé. Je le cite encore une fois, car j’ai beaucoup d’admiration pour cet homme, par monsieur Delfraissy. Il l’a dit : 25% des lits fermés. Après non finalement, il a dit c’est que sur l’AP de Paris. Non, non, non, ce n’est pas seulement sur l’AP de Paris, c’est partout. On le sait tous, on les voit ces lits qui ne fonctionnent pas. Et les malades qui stagnent aux urgences, ou qui ne viennent même plus à l’hôpital. Je vous renvoie à mon histoire de strumite, pour marquer les esprits. Je pense que des études vont sortir sur tous les malades qui sont morts. Il y a une journaliste qui a dit l’autre jour sur Europe 1 « vous vous rendez compte, vous dites que le pass sanitaire c’est pas bien, mais il y a une étude qui dit que ça a prévenu 4000 décès ». Ouais peut être, c’est les mêmes types qui font les études qui prennent les décisions, alors c’est sujet à caution. On a peut-être prévenu quelques décès, je n’en sais rien. Par contre, en interdisant à un certain nombre de malades de rentrer à l’hôpital, de fait, avec les histoires de pass sanitaire mais surtout avec les histoires que y’a pas de lits, là je vous le garanti, on a tué beaucoup de gens, et on va sortir des chiffres scientifiques, on a tué du monde, beaucoup de monde.

Donc nous c’est notre mission, notre place et notre force aussi, parce que nous avons une énorme force, d’exiger les 200 000 emplois, et je rajouterai les 200 000 emplois statutaires, des gens correctement payés, correctement formés, je dirai que c’est un début. Probablement qu’il en faut 200000 rien que dans les EPAD si j’ai bien compris…

Conférence du 1er février 2022 de la fédération des personnels des services publics de santé FO -

Confédération FO – Paris

Intervention du Dr Cyrille Venet

Je voudrais remercier les organisateurs, en particulier le bureau fédéral et Didier Birig de donner l’occasion au SNMH FO de s’exprimer. Je suis très honoré et très reconnaissant de pouvoir ainsi m’exprimer devant une telle salle, devant 350 ou 400 militants, implantés dans toute la France, avec l’expérience syndicale. Pour un médecin, pouvoir faire ça, c’est une occasion rare et extrêmement privilégiée, d’où l’intérêt de pouvoir faire fonctionner un syndicat national de médecins hospitaliers.

 

Moi aussi je vais faire une intervention en 5 parties. Mais avant, je voudrais citer un illustre confrère, le Professeur Alla, Professeur de santé publique à Bordeaux, qui a démissionné tout récemment du haut conseil de santé publique, en disant que les experts dans la dernière période, n’ont pas joué leur rôle qui consiste à élaborer de l’aide à la décision, même si cette aide à la décision n’est pas conforme à la volonté politique. Il est devenu extrêmement difficile pour un expert, dit-il, d’exprimer un point de vue qui soit contraire à des décisions politiques. La plupart des experts ont été amenés à assurer une sorte de service après-vente. Je pense que cette affirmation doit nous intéresser au plus haut point.

Je ne prétends pas en ce qui me concerne être un expert. J’ai un mandat de mes collègues, d’ailleurs je tiens à saluer mes confrères ici présent venus de Paris, Toulon, Tours, Grenoble, saint Etienne Rouen.

 

L’intitulé de mon intervention est « retour d’expérience sur la prise en charge des patients en réanimation ». En fait, je vais après une courte introduction, exposer quel a été l’intérêt de l’expérience du SNMH FO. Quelle place ça a pris dans cette période. Ce qui fait que nous, on est le seul syndicat de médecin hospitaliers affilé à une confédération. Et donc par là, on a une compréhension particulière des rapports entre la médecine et la sécurité sociale, et à l’intérieur des hôpitaux sur la question statutaire et les rapports entre tous les personnels hospitaliers qu’on défend. Ça nous donne une compréhension qui a joué son rôle dans la dernière période, je vais donner des exemples.

Il y a 2 autres choses qu’on savait aussi déjà mais qui se sont précisé pendant la crise : ça n’est pas une question de gouvernance, la revendication d’augmenter le budget est piégeuse.

Enfin j’irai sur la même ligne que le secrétaire confédéral, Yves, qui a dit la question des effectifs, des services, des lits. C’est le sens de la discussion.

Je ne vais absolument pas me poser en spécialiste. D’ailleurs, j’ai vu que le plus grand spécialiste le Professeur Delfraissy, qui a été aux premières loges tout le temps, a lui-même hésité sur ce à quoi on avait affaire, sur France info en disant « ce n’est pas un vaccin, c’est un médicament ». Le journaliste était tellement étonné qu’il dise ça, il a rajouté « oui je comprends les conséquence si je dis ça.. ». Donc les choses sont beaucoup plus compliquées que ce qu’on nous a raconté, je ne vais pas m’étendre sur ce sujet.

 

D’où je parle ? Je suis responsable d’un service de soins intensifs de 12 lits, on traite à peu près 1800 malades sur 2 ans. En 2020-2021, on n’en a traité que 1600. On a eu 296 malades sur ces 2 années soignés pour covid. On en a transféré 80 en réanimation, on a eu un taux de mortalité qui est à peu près dans la moyenne. J’ai été aussi en Mauritanie, avec l’OMS dans le cadre de la réponse covid. J’ai participé à toutes les cellules de crise ou presque du territoire, puisqu’on avait des déclinaisons locales du conseil de défense, avec tous les présidents de CME, tous les directeurs d’hôpitaux et de clinique de la région grenobloise dès le début de la crise. Je crois avoir une petite expérience sur le sujet, j’ai eu beaucoup d’informations.

On nous a dit avant le couvre-feu du 17 mars 2020, une semaine avant : « la Lombardie, c’est la catastrophe ! ». On nous décrivait une situation qu’on allait connaitre, l’apocalypse !! J’ai posé la question : quel est le pourcentage de risque que ça nous arrive ? Un des plus grands spécialistes a répondu 100 % de chance. Une autre infectiologue, plus raisonnable, a répondu 20 %. En fait dans la première période, on n’a pas eu cette situation de débordement. On a diminué l’activité. Et encore aujourd’hui, on reçoit tous les jours les chiffres des lits en réanimation. Comme on a arrêté un certain nombre d‘activités chirurgicales, je vous donne les chiffres en France : moins 25% de greffe, moins 25 % de chirurgie de cancer, 2 millions d’interventions déprogrammées, 900 000 qui ne sont toujours pas reprogrammées. Je n’ai pas les chiffres précis mais un grand nombre de cancers non diagnostiqués comme en atteste la ligue contre le cancer. On a différé des dizaines de milliers de patients qui vont avoir à en souffrir. Donc on a diminué notre activité. Il y a une étude aujourd’hui, publiée dans le Figaro, qui montre que seulement 3 % des moyens économisés en diminuant de 50 % l’activité chirurgicale ont servi à la réponse covid par ailleurs. Il n’est pas vrai de dire que déprogrammer nous a aidé à soigner les autres malades.

On a eu dès le début de la crise des directives pour ne pas transférer les malades, par exemple dans les EHPAD, il n’était pas question de les hospitaliser, il fallait les laisser mourir. Ça a été dit dans les réunions. Moi j’ai dit : si un collègue médecin en périf m’appelle pour prendre un patient, je le prends. C’est là que notre expérience syndicale a servi, car nous avons chevillé au corps les règles habituelles, les règles statutaires, les règles d’indépendance des médecins doivent prévaloir.

Donc dans cette période, on m’a dit, ça n’a pas vraiment été démontré, il y a eu au moins autant de morts par défaut de soins que de mort de ce virus de malheur. J’ai vu arriver des patients avec 192 de natrémie aux urgences, c’est dire au bas mot 48 heures sans boire. On a vu des tas de choses. On a vu la strumite. Y’a un radiologue qui a pris la parole pour dire « j’ai vu des strumites », j’aime bien ce truc parce que comme personne ne connait, on s’en rappelle. La strumite, c’est une maladie qu’on ne voyait plus, parce qu’on surveille les thyroïdes. Comme on n’a plus surveillé les patients, on a vu réapparaitre cette maladie moyenâgeuse. Je ne vais pas être trop long sur ces questions.

Il y a la question du rapport avec la sécurité sociale. La sécurité sociale, c’est ce qui finance les hôpitaux à 90 % et c’est ce qui donne droit aux soins. Et c’est ce qui nous permet de soigner tout le monde, quel que soit les revues, quel que soit son statut, il a droit au soins. Et là, on a enclenché des discussions en tant que SNMH FO, j’espère que tout le monde a pu lire nos communiqués.

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La démonstration qui consiste à dire que le système est embolisé parce qu’il y a des imbéciles qui ne se vaccinent pas est extrêmement discutable. Et en plus, d’abord c’est faux, et en plus si on commence à rentrer là-dedans, on est complètement hors des clous. Parce qu’après, qu’est-ce qu’on va faire avec les patients qui fument alors qu’on leur a dit qu’il ne fallait pas fumer, qu’est ce qu’on va faire avec les patients qui boivent alors qu’on leur a dit qu’il ne fallait pas boire, et ceux qui font du ski avec une caméra sur la tête, prenant des risques invraisemblables ? Donc il n’est pas question de rentrer là-dedans. Il est d’autant moins question de rentrer là-dedans, que comme l’a dit le président du conseil de l’ordre de l’Isère dans ces fameuses réunions territoriales de crises, la catastrophe dans les hôpitaux, la déliquescence – nous on a parlé de chaos – préexiste. Ça n’est pas le covid qui nous a mis là-dedans. Il n’a même pas révélé. Nous, on avait fait toutes les manifestations, y compris la revendication 1 pour 1 dans les EHPAD, tout ça, on avait tout décrit avant que le covid n’arrive. Le covid n’a servi qu’à une chose, c’est permettre au gouvernement d’utiliser la covid. On a écrit un communiqué « le covid a bon dos ». C’est-à-dire ça a permis de focaliser tous les problèmes, tout était la faute du virus et dédouanait le gouvernement de ses responsabilités et de toutes les mesures qui avaient été prises. D’ailleurs j’ai beaucoup aimé l’intervention de Madeleine qui en rappelle certaines, qui nous ont conduit dans cette situation.

 

Le point numéro 3 sur la gouvernance : j’ai longtemps cru que si les directeurs d’hôpitaux nous écoutaient plus, nous associaient plus, ça pourrait aller mieux. En fait, je suis revenu de ça. On a effectivement beaucoup associé les médecins, même au début de la crise. Il y a eu pendant 15 jours même une reprise du pouvoir médical, « on va faire comme ça, on va mettre les lits de réa là, on va faire ceci, cela ». D’ailleurs, ça a eu une certaine efficacité, je ne le nie pas. Mais après, quand on est revenu dans des fonctionnements plus normaux, on a vu des tas de médecins prendre des positions, en position de directeurs. D’ailleurs je vais le citer car il l’a dit publiquement. Il y a un ancien président de CME d’un groupe hospitalier mutualiste de la région sud-est, qui a quitté son poste de président de CME et qui est devenu directeur adjoint de la clinique, et qui sans doute va devenir directeur. Je l’ai vu prendre des positions anti-statutaires, illégales, parce qu’il ne connait pas aussi bien le droit qu’un directeur qui a fait des études de directeurs. Je vous raconte cette anecdote car elle est édifiante. J’en suis au 4 eme chef de service des urgences au chu de Grenoble sur 2 ans. Le chef actuel des urgences du CHU dit « on est dans une situation catastrophique. Il y a 4 services d’urgences 2 privés, 2 publics sur le territoire, y’en a deux qui sont fermés la nuit, moi je récupère tout, j’ai 100 malades à minuit, on transmet 100 malades le matin à deux médecins, donc on fait semblant de faire de la médecine, tu ne peux pas transmettre 100 malades, et j’ai plein de collègues qui sont en arrêt maladie. Y’a un truc qui m’énerve vraiment, j’en vois certains sur les réseaux sociaux qui sont au ski au lieu d’être dans l’effectif. Je les ai vu au ski. » Et là, le collègue en question reprend la parole « si vous avez des dossiers compromettants, envoyez-les-moi, je vais les traiter. J’ai déjà déclenché des contrôles de sécurité sociale pour des collègues. Mais bon le problème du contrôle c’est que pendant l’arrêt de travail, les gars ils prennent 2 jours seulement d’arrêt et après ils sont en repos pour aller au ski donc la sécu. ne peut pas contrôler. ». Et donc il a fait tout un développement sur comment il allait lui-même réprimer les médecins qui prendraient la tangente à l’occasion compte tenu des conditions de travail, pour prevenir peut être le burn out.

Et donc j’ai un autre collègue médecin comme ça qui prend des positions de directeur et qui dit : « je ne comprends pas, on a dépensé 500 millions au CHU pour le nouveau plateau technique, on a dépensé 100 millions pour construire un hôpital tout neuf à Voiron, et ça ne fonctionne pas, les urgences sont fermées, le bloc ne fonctionne pas, je ne comprends pas. »

Mais les 500 millions, et les 100 millions en question, et là c’est mon quatrième point sur le budget, c’est de l’argent qui a été dépensé pour des investissement qui étaient nécessaires, mais on est pas du tout dans la discussion. Dans le même temps qu’on fait ça, on nous dit la secrétaire, on peut pas la titulariser, docteur vous n’y pensez pas, une infirmière de plus ? Les effectifs dans mon unité sont calculé à 17.4 IDE, elles ont 52 nuits par an. C’est calculé pour que ça fonctionne juste mais aucune ne peut faire une formation, aucune ne peut tomber malade, zéro, rien. Et le SICS, service de remplacement interne, est débordé par ailleurs. Je dis ça pour dire que ce n’est pas simplement parce que le ministre nous dit qu’il a jamais autant dépensé pour l’hôpital, ce qui est sans doute vrai, mais pour tout sauf pour du personnel.

Je me souviens de Didier Bernus à Reims, en 2015, nous expliquer à la tribune, en conclusion du congrès fédéral et ça paraissait énorme à l’époque : « moi maintenant, je dis qu’il faut un milliard et demi pour les hôpitaux. Il y a un milliard de déficit, si ça continue comme ça on va avoir 2 milliard de déficit. Au nom de ce déficit, on nous serre toutes les vis, on nous empêche de fonctionner, on nous conduit dans les bras de Madeleine (spécialiste de la prévention des risques psycho sociaux), on explose tous, donc je réclame un milliard et demi ». Et là, juste au mois de décembre, on a dépensé un milliard en tests aussi inutile que contre productifs. (l’argent n’est pas perdu pour tout le monde)

La directrice générale est venue me voir en début de crise, «  je ne comprends pas, ils ont dit de serrer les budgets parce qu’on avait déjà un milliard nationalement de déficit, et maintenant c’est open bar, c’est budget sécurisé, garantie de financement, sans T2A, il n’y a plus aucun problème, à coup de milliards et milliard », et donc c’est difficile de comprendre. Elle-même était un peu désarçonnée par cette nouvelle politique ou finalement, tout ce qu’elle avait raconté depuis des années en disant « mais vous n’y pensez pas docteur, on est serré par le budget » là ça ne devenait plus vrai. Un milliard et demi de tests juste au mois de décembre !!

Sur le budget aussi, il y en a qui ont gagné de l’argent : le directeur de la clinique privée de Valence a expliqué au président de CME « mais vous n’y pensez pas ! Ouvrir des salles en plus ? Pour opérer des carotides ? Vous n’y pensez pas ! » car ils ont gagné de l’argent en diminuant les dépenses avec des recettes garanties. Je termine sur le point 4 du budget : beaucoup plus d’argent que jamais. Car ils ont eu beaucoup moins de dépense en activité et ils ont eu la reconduite du financement. Donc le gars, il travaille pour un fond de pension australien, il estime que le chirurgien vasculaire, président de CME, non, non, il ne faut pas qu’il opère. Et il y a des malades qui en pâtissent.

Et donc oui : la question des budgets oui, mais pour faire quoi ? Je termine sur le point 4 du budget. A un moment donné, je pense qu’une des choses terribles, parce que dès le début de la crise, on a été plusieurs collègues, on a dit : « mais ils sont pas en train de combattre le virus ! ils ne sont pas en train de combattre le virus. » Ils prenaient des mesures qui n’étaient pas pour des problèmes de virus. On a réclamé ! Je suis en train de dire que les tests du mois de décembre ne servent à rien. Je peux expliquer pourquoi si on a le temps mais sinon je vous renvoie à l’intervention du Dr Kyrsziek sur Europe 1, il explique très bien. Nous on voulait des tests au début, et des masques. On en avait pas. On a pas dit qu’on voulait des tests n’importe comment. C’est pour comprendre ce qui se passe des tests, ce n’est pas pour dire ou faire n’importe quoi. Et il y a une décision qui a été prise par le gouvernement, le 30 mars 2020, de dire : ça sort du champ de la prescription. Un test biologique, il y a tout un système pré analytique, d’ailleurs vous avez vu, c’est déjà comment on fait le test. N’importe qui fait des tests à tout le monde, c’est de la folie ! Et il y a le post analytique. Un test fait n’importe comment dans n’importe quelle circonstance n’a aucune valeur. Ça nous renvoie à la question de la sécurité sociale. La sécurité sociale, c’est : s’il y a des gens malades, le médecin fait le diagnostic, utilise l’argent pour le diagnostic et le traitement. C’est le médecin qui définit si vous êtes malade ou pas malade. On a généré des trucs publicitaires : la confusion, les truismes, tous les trucs paradoxaux qu’ils ont utilisés, jusqu’à entendre notre ministre de tutelle, mon ministre préféré, qui dit « concernant les malades asymptomatiques… » C’est un nouveau concept ça. Et donc on a généré toute cette confusion.

En dernière instance, nous avons tous, qu’on soit malade ou qu’on soit personnel hospitalier, ouvrier à l’usine.., on a intérêt à avoir des médecins. Des médecins qui « médecinent » ; des médecins qui médecinent, c’est-à-dire un médecin qui a une indépendance de jugement, une indépendance de prescription. Et le statut même de médecins octroi cette indépendance, sans laquelle il n’y a pas de médecine, qu’elle soit hospitalière ou libérale d’ailleurs, possible. Et là, on nous a transformé ces derniers temps en officiers de santé. D’ailleurs on invente des nouveaux métiers, des sous médecins, la nouvelle réforme des études médicales, c’est une catastrophe de ce point de vue-là. Donc voilà. A quoi utilisons nous l’argent ?

Et donc, je conclurai mon intervention en disant qu’effectivement, la grande manif du mois de juin qui nous a permis de négocier les 183 euros, ce qui pour un certain nombre de personnels représente une augmentation considérable, en pourcentage en tous cas, effectivement en pourcentage c’est bien. Ces 183 euros, c’est ce qu’ils ont estimé au niveau du gouvernement de ce qu’ils ont eu comme trouille de nous, et du mouvement ouvrier organisé. Ce n’est pas à vous que je fais la leçon.

Et on a maintenant un énorme problème : d’effectifs, de services et de lits. On a dit les premiers, au doigt mouillé, au pif, actuellement il y a 30% des lits qui sont fermés. 30% des lits fermés totalement…Et ça en plus des 5800 lits !! On a été confirmé. Je le cite encore une fois, car j’ai beaucoup d’admiration pour cet homme, par monsieur Delfraissy. Il l’a dit : 25% des lits fermés. Après non finalement, il a dit c’est que sur l’AP de Paris. Non, non, non, ce n’est pas seulement sur l’AP de Paris, c’est partout. On le sait tous, on les voit ces lits qui ne fonctionnent pas. Et les malades qui stagnent aux urgences, ou qui ne viennent même plus à l’hôpital. Je vous renvoie à mon histoire de strumite, pour marquer les esprits. Je pense que des études vont sortir sur tous les malades qui sont morts. Il y a une journaliste qui a dit l’autre jour sur Europe 1 « vous vous rendez compte, vous dites que le pass sanitaire c’est pas bien, mais il y a une étude qui dit que ça a prévenu 4000 décès ». Ouais peut être, c’est les mêmes types qui font les études qui prennent les décisions, alors c’est sujet à caution. On a peut-être prévenu quelques décès, je n’en sais rien. Par contre, en interdisant à un certain nombre de malades de rentrer à l’hôpital, de fait, avec les histoires de pass sanitaire mais surtout avec les histoires que y’a pas de lits, là je vous le garanti, on a tué beaucoup de gens, et on va sortir des chiffres scientifiques, on a tué du monde, beaucoup de monde.

Donc nous c’est notre mission, notre place et notre force aussi, parce que nous avons une énorme force, d’exiger les 200 000 emplois, et je rajouterai les 200 000 emplois statutaires, des gens correctement payés, correctement formés, je dirai que c’est un début. Probablement qu’il en faut 200000 rien que dans les EPAD si j’ai bien compris…

 

Applaudissements nourris avec rappels, comme après une belle représentation !!!!

Version pdf. fichier pdf 2022 02 01 CONFERENCE NATIONALE CONFEDERATION FO PARIS-

 

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L’hôpital aurait tenu ?

Posté par snmh-fo le 8 février 2022

Paris le 4 février 2022

L’hôpital aurait tenu ?

Nous avons entendu plusieurs responsables politiques appuyés par quelques médecins ou directeurs médiatiques considérer que l’hôpital avait « assuré sa mission de service public » lors de la dernière période et qu’il « était encore debout ».

A l’inverse de nombreux délégués syndicaux de terrain ont pris la parole, dans la conférence du 1er février organisée par la Fédération des Services Publics et de Santé FO, et expliqué l’impéritie, le « chaos », la « destruction », « l’infamie » instaurés tant dans le secteur sanitaire que médico-social.

Le SNMH FO conscient de cette situation a, dans ses précédents communiqués, proposé un plan d’urgence avec des revendications précises (cf interventions du SNMH FO reproduites dans le bulletin).

Les questions concernant les lits, les services et les effectifs sont posées concrètement : comment recruter le personnel nécessaire ? Des solutions existent contrairement au radotage ministériel.

Nous demandons depuis des mois de réintégrer les plus de 3000 agents suspendus et les plus de 10 000 autres qui sont partis. Si on ne commence pas par-là, revendiquer 200 000 agents reste théorique.

La conférence fédérale du 1er février de notre Confédération est un point d’appui important pour inverser le rapport de force avec le pouvoir. Nous pourrions aboutir à la satisfaction des besoins en matière d’effectifs, de réouverture de lits et de services :

De nombreux collègues résistent un peu partout et restent attachés aux principes du service public, y compris dans les sphères les plus institutionnelles :

-Rappelons les prises de positions de la SFAR (Société Française d’Anesthésie et Réanimation), ou du Conseil National de l’Ordre des Médecins contre la discrimination des patients qui s’opposent ainsi à la doctrine étatique.

Le Pr Peyromaure chef de service à Cochin (APHP) : « par économie de personnel nous fermons la salle à la moindre absence. Le problème est structurel et ancien ».

Le Pr Alla du Haut Conseil de Santé Publique annonce qu’il en a démissionné parce que : « de fait nous nous sommes transformés en service après-vente de décisions déjà prises en amont »

Trop de malades ont été abandonnés dans tellement de filières de soins du fait de l’absence de recrutement, du fait du numerus clausus qui continue, du fait des fermetures du tiers du parc de lits entraînant l’explosion des SAU. Et de tant de collègues qui sont partis à cause du mépris dont ils sont victimes, qui ont démissionné, ou sont même parfois suspendus, souvent en déshérence totale.

Dire que l’hôpital a rempli son rôle relève de l’aveuglement, du mensonge à dessein ou de l’ineptie… Des responsabilités sont engagées ; pour notre part notre responsabilité est d’informer, de résister, de revendiquer et d’aider les collègues à s’organiser dans tout le pays.

Dans cet objectif nous tiendrons dix réunions avant la fin du mois de mars sur le thème : « COMMENT LES ARRÊTER ? » pour échanger, discuter, organiser notre résistance contre cette politique.

A Paris, Grenoble, Saint-Étienne, Laval, Tours, Briançon, Rouen, Metz, Digne, Bordeaux, Nantes, avec le SNMH FO organisons nous !

Contact : Dr Cyrille Venet

Secrétaire général SNMH FO

06 68 02 80 73

Version pdf. de ce communiqué fichier pdf SNMH FO communiqué 4 février 2022

 

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