MENSONGES, INCURIE, CYNISME

Posté par snmh-fo le 15 avril 2020

Paris, le 15/04/2020

Le SNMH FO tient à apporter son soutien et sa solidarité aux collègues soignants qui après s’être mis en danger pour soigner les malades dans les hôpitaux, les EHPAD, ou à domicile, se retrouvent eux-mêmes malades, et dont certains se retrouvent en réanimation et aux familles de ceux qui ont perdu la vie.

Les hommages sont nombreux aujourd’hui, mais tout ce qui a fonctionné n’est lié qu’à la débrouillardise des soignants et acteurs de terrain : réorganisations en urgence, protections, ouvertures de lits, listes de gardes supplémentaires…

Certains nous disent que cela pourrait annoncer un avenir meilleur pour les hôpitaux, une sorte de « prise de conscience » des autorités de l’importance du système de santé. Qu’en est-il ?

  • UN DIRECTEUR GENERAL D’ARS LIMOGE POUR « UNE ERREUR DE COMMUNICATION »

 

Suite à ses déclarations polémiques, le directeur général de l’ARS Lorraine a été limogé. Il a fait une erreur de communication: le plan de suppression de postes est maintenu pour le CHRU de Nancy. Face au tollé, le ministre Veran et le Premier ministre ont déclaré que les plans de restructurations étaient suspendus à une « nouvelle concertation ». Suspension n’est pas annulation.  Qui peut croire ceux-là mêmes qui prévoient l’accélération de la privatisation et de la destruction du système hospitalier ?

 

  • UN RAPPORT POUR ACCELERER ET ORGANISER LA PRIVATISATION DE LA SANTÉ

 

Selon un article de Médiapart du 01/04/2020, un rapport de la Caisse des Dépots et Consignations (CDC) a été commandé par le Président Macron. Ce rapport (disponible en ligne ici) préconise-t-il l’arrêt des fermetures de lits, l’arrêt des réductions de postes, des plans de fermeture qui ont lieu dans toutes les régions de France ? Non…Dans le rapport intitulé « Premières propositions post-Covid-19 dans le domaine de la santé », dans un vocabulaire particulièrement abscons, il est préconisé :

-        que les patients en ALD devraient signer un « contrat à impact social » afin «d’éviter des coûts à la Sécurité Sociale » et les hospitalisations.

-        De faire appel à la « santé numérique ». La CDC cite les plus aptes à développer cette prétendue « santé numérique » : sept cents startups, les banques, de grands groupes de la santé privée et les Gafam (Google, Amazon… soit les plus grosses valeurs de Wall Street). Encadrer les pratiques médicales par Wall Street : tout un programme.

-        De rémunérer les médecins hospitaliers et libéraux « à la performance »

-        De créer des hôtels hospitaliers : « création d’hôtels hospitaliers adaptables (déversement de patients peu atteints en cas de surchauffe de l’activité) ». C’est-à-dire : pas de réouverture de lits, et maintien des fermetures prévues et du fameux « virage ambulatoire » dont on voit aujourd’hui les effets.

Il y a un fil conducteur dans les propositions de la CDC : continuer et aggraver les orientations passées en matière de politiques de santé, sans aucun changement de cap, organiser la privatisation de la santé. La porosité totale entre le public et le privé, pour la gestion de leurs budgets et de leurs « dettes », est revendiquée. Il s’agit même d’organiser, au moyen de « fonds de dette en gestion déléguée », une spéculation sur la dette des établissements.

 

  • Le 13 04 2020 le Président Macron a-t-il annoncé l’annulation de la dette des hôpitaux ?

 

Alors que des centaines de milliards d’euros sont annoncés en soutien à la finance, aucune mesure concrète n’est annoncée pour les hôpitaux ni les hospitaliers. Les tabliers de protection, les masques, manquent toujours et ce sont maintenant les sacs-poubelles qui font office de tabliers de protection. Le président a préféré n’annoncer comme mesure concrète que la réouverture des écoles et le retour au travail des salariés confinés dans des conditions de sécurité insuffisante…

  • LES MENSONGES DU PRESIDENT

En ce qui concerne les hôpitaux, Mr Macron a dit que tout le monde avait pu être pris en charge. C’est un mensonge. Ceux qui ont dû effectuer un tri à leur entrée, ceux qui ont dû soigner les personnes âgées dans les EHPAD sans oxygène, sans antibiotiques, sans tests et sans masques peuvent en attester. Combien des 5379 personnes âgées décédées en EHPAD le 13/04 auraient pu être sauvées si elles avaient eu accès à l’hôpital ?

  • Une plainte de la fédération FO des services publics et de santé

Dans ce contexte, la fédération FO des Services Publics et de Santé avec ses unions nationales et syndicats nationaux a déposé plainte contre X pour :

-        Abstention volontaire de prendre les mesures visant à combattre un sinistre,

-        Homicide involontaire, faits commis sur l’ensemble du territoire national depuis décembre 2019,

-        Violences involontaires, faits commis sur l’ensemble du territoire national depuis décembre 2019,

-        Mise en danger délibérée de la vie d’autrui, faits commis sur l’ensemble du territoire national depuis décembre 2019.

Le SNMH FO est partie prenante de cette plainte et rappelle ses revendications qui permettraient que tout ceci ne recommence pas:

-        Fourniture immédiate des tests, masques et protections nécessaires, qui manquent encore dans la majorité des établissements.

-        Arrêt immédiat des plans de fermetures des lits et des plans de suppressions de personnels. Réouverture des lits fermés en fonction des besoins avec le personnel nécessaire.

-        Annulation immédiate des Contrats et Plans de Retour à l’Équilibre Financier et autres dispositifs COPERMO qui entravent aujourd’hui le fonctionnement de centaines d’hôpitaux.

-        Augmentation immédiate des salaires pour tous.

-        Abrogation des lois HPST, Touraine, Buzyn de réforme de l’hôpital, fermeture des ARS et retour à une administration plus proche du terrain du type DDASS

-        Financement des hôpitaux en fonction des besoins et non en fonction d’une enveloppe fermée (ONDAM) (Loi Juppé)

-        Suppression réelle et effective du numerus clausus, par la loi (et non pas sa délégation aux ARS et à « parcours sup ») condition nécessaire à toute amélioration véritable de notre système de soin pour les médecins et professions paramédicales (IDE, AS…)

Contact: Dr Cyrille Venet

Secretaire général adjoint SNMH FO

venet_cyrille@yahoo.fr

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Nous n’avons pas besoin de félicitations, nous avons besoin de masques, de blouses, de médicaments, d’oxygène et de lits de réanimation !

Posté par snmh-fo le 5 avril 2020

smnhfo

Paris, le 05 avril 2020

 

 Nous n’avons pas besoin de félicitations, nous avons besoin de masques, de blouses, de médicaments, d’oxygène et de lits de réanimation !

 

Depuis des mois, tous les professionnels de santé à l’hôpital, des médecins aux agents hospitaliers, dénoncent le manque de moyens en personnel et en matériel par des mouvements de grève et des manifestations. Comme réponse, nous avons obtenu au mieux du mépris, au pire des coups de matraque.

 

Les restructurations, les fermetures de lits, de services, d’hôpitaux, les restrictions de personnels ont continué malgré les appels à l’aide répétés, ignorés du Président Macron et du gouvernement d’Edouard Philippe. Le nombre de lits de soins critiques en France est 3 fois moins important qu’en Allemagne (8000 en France et 28000 en Allemagne).

 

Nous serions des « héros en blouse blanche » ! Nous n’avons que faire des félicitations et des larmes de crocodile. :

 

Tous les jours, nous nous battons avec « les moyens du bord », nous essayons de nous dépanner en matériel auprès des hôpitaux et cliniques voisines, nous économisons les masques en les gardant plus longtemps que ce qu’il est recommandé, nous mettant en danger nous et notre famille pour continuer à soigner les patients, parce que le gouvernement a laissé les stocks se périmer pour des raisons financières.Les médecins libéraux n’ont toujours pas de masque de protection type FFP2, ni les infirmières et tous les personnels qui interviennent auprès des patients à domicile et dans les EPHAD. Il existe une désinvolture coupable sur les commandes de masques, comme l’atteste l’article de Médiapart daté du 02/04/2020 : « Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat »,


Des médicaments aussi indispensables que le curare et le midazolam commencent à être rationnés.

 

Il manque des respirateurs, des seringues électriques, jusqu’aux housses mortuaires. Tous les jours, nous nous trouvons dans la situation intolérable d’avoir à choisir qui va être réanimé ou pris en charge en soins palliatifs uniquement par manque de moyens.


Les congés sont supprimés, des hôtels sont réquisitionnés pour loger les infirmières épuisées et qui craignent de retourner chez elles de peur de contaminer leur famille. Par manque de test, les agents hospitaliers, infirmières et médecins sont rarement testés pour le coronavirus et quand ils sont testés positifs, ils sont souvent maintenus en poste risquant de contaminer leurs collègues et les patients.


Alors qu’il est évident que la courbe de croissance du nombre de malades et de décès lié au Coronavirus en France suit exactement celle de l’Italie, rien n’est fait pour que cette courbe s’infléchisse : le gouvernement prône un confinement « sélectif » en incitant les entreprises à payer une prime aux salariés qui iraient travailler « pour faire marcher l’économie », tout en disant par l’intermédiaire de sa porte-parole que les masques de protection sont inutiles, ce que vient de démentir l’Académie de médecine.


Tout comme le 13 novembre 2015, le personnel de l’AP-HP et des autres hôpitaux publics n’a pas attendu le Plan Blanc pour se porter volontaires pour soigner les blessés des attentats, les agents des établissements publics de santé, mais aussi des maisons de retraite, les médecins et les soignants libéraux n’ont pas attendu les discours guerriers pour porter secours aux malades.

 

Nous sommes en première ligne et le gouvernement doit nous entendre tout de suite.

 

Nous voulons du personnel, des lits, des respirateurs, des sédatifs, des curares et des antibiotiques pour nos patients, des masques, des surblouses pour protéger les équipes, des réactifs pour tester les professionnels de santé qui risquent leur vie et parfois la perdent pour soigner.

 

Le gouvernement se dit prêt à débloquer 300 milliards d’euros pour soutenir les entreprises. Il serait incompréhensible que le même effort ne soit pas consentit pour sauver les patients et les soignants.


Pour le bureau national, Marie Paule Lemonnier, Trésorière Nationale.


Contact presse et contact intersyndical : 0668028073, adresse de la fédération, 155 rue de Rome, 75017 Paris.

 

 

 

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